L’exécution graphique, mon cœur de métier, mon métier de cœur

Qu’on l’appelle « exécution graphique » ou « mise au net », la réalisation de documents d’exécution est une étape primordiale de la chaîne graphique, une activité technique qui conditionne le succès de votre projet print, quelle que soit sa nature.

Évacuons tout de suite une idée fausse mais très répandue : non, un exécutant graphique n’est pas un graphiste au rabais et, à l’inverse, un bon créatif graphique n’est jamais un bon exé. Il y a quelque chose d’incompatible entre ces deux métiers distincts et complémentaires. Quand le rôle d’un graphiste ou d’un Directeur Artistique est de faire éclore des idées, la valeur ajoutée de l’exécutant graphique réside dans l’industrialisation, le développement de ces idées graphiques en production, en respectant les contraintes de fabrication du support de communication.

Par exemple, pour la réalisation d’un catalogue de 300 pages, le créatif travaille en amont sur une vingtaine de pages type (couverture, pages dédiées à l’entreprise, pages produit, intercalaires…). Il produit des maquettes graphiques valorisantes avec des textes et des images provisoires. Le client peut ainsi avoir une idée de l’aspect que prendra son catalogue alors même que la mise en page de celui-ci n’a pas commencé. Plus tard, l’exécution graphique consistera à monter les 300 pages du catalogue avec des contenus réels (textes et images), en restant fidèle aux maquettes graphiques validées par le client, tout en respectant les contraintes techniques de fabrication imposées par l’imprimeur.


Rester fidèle à la création graphique originale

Nous l’avons vu plus haut, la création graphique est souvent conçue sur la base d’éléments provisoires : faux textes ou textes non aboutis, photos d’exemple téléchargées sur internet ou montage photographique grossier en attendant le développement du Key Visual définitif… L’objectif est de permettre à l’annonceur de juger de la qualité de l’idée créative qui lui est proposée. A ce stade, le respect des chartes d’utilisation des différents logotypes ou la conformité avec les contraintes techniques de fabrication sont de l’ordre du détail. De plus, dans le cadre d’opérations marketing ou de campagne de publicité, par exemple, une même création peut servir à la réalisation de nombreux documents dans des formats et aux modes de diffusion différents induisant autant de contraintes de fabrication différentes et de réinterprétations des chartes d’utilisations.

Dès lors, l’exécutant graphique est bien souvent amené à adapter la création graphique, à des degrés divers. Ajouter de la matière à une photo, prolonger des motifs graphiques pour habiller les faces secondaires d’un packaging, créer de nouveaux éléments dans le même esprit, adapter des couleurs, des motifs pour être conforme aux contraintes techniques de fabrication, modifier la disposition en fonction d’éléments définitifs beaucoup plus volumineux que ceux qui avaient été utilisés pour les maquettes… Il le fait avec goût en restant fidèle à la création graphique originale. Dans l’idéal, il travaille en concertation avec le DA.


Se conformer aux chartes d’utilisation des logotypes, pictogrammes, labels…

Dans les attributions de l’exécutant graphique, si cela n’est pas géré en amont par le chef de projet, on trouve l’étude et l’application des chartes d’utilisation des différents logos à mettre en page. En effet, la plupart d’entre eux dispose d’une telle notice, plus ou moins complexe, qui prévoit la version du logotype à utiliser, sa position, sa taille, son interférence avec les éléments adjacents. Dans le cadre de l’exécution de packaging, cette tâche devient centrale et tourne souvent au casse-tête tant les logos sont nombreux et les surfaces disponibles réduites.


Respecter les contraintes techniques de fabrication

Attention, aucun travail d’exécution graphique sérieux ne peut être abordé sans que l’on se soit inquiété auparavant des modes de fabrication, de diffusion et des contraintes techniques qui en découlent.

Pour exemple, deux affiches publicitaires de format final et de contenu identiques peuvent avoir des contraintes différentes selon l’imprimeur qui les fabrique et le réseau sur lequel elles sont diffusées. Chacune devra donc bénéficier de son propre document d’exécution. Les contraintes techniques se présentent sous la forme d’un fichier texte dans lequel le fabricant expose les spécificités techniques à prendre en compte lors de la réalisation du document d’exécution. Celles-ci peuvent avoir attrait à la gestion des couleurs, aux formats des documents, à leur échelle, à la résolution des fichiers, à la mise en œuvre de la typographie est des polices de caractères, à la nature des fichiers qu’il souhaite recevoir… Elles peuvent être accompagnées de gabarits, de formes de découpe, de profils colorimétriques

L’imprimeur ne garantit le bon rendu de son travail que dans le cadre du strict respect de ces contraintes. C’est donc un aspect stratégique de l’exécution graphique.


Uniformiser les éléments de la mise en pages

La valeur ajoutée de l’exécutant graphique est particulièrement évidente pour de gros travaux d’exécution. Parce qu’il met en place des techniques pour garantir l’uniformité des éléments amenés à se répéter au fil des pages et des outils : il utilise les calques, les gabarits, le chainage de texte, les feuilles de styles appliquées aux textes, aux objets, aux tableaux… Par exemple, il veille à ce qu’un fichier unique soit utilisé pour toutes les occurrences d’une image importée plusieurs fois. Ainsi, la modification d’un pictogramme présent 10 fois par page sur les 200 pages d’un ouvrage, ne prendra qu’une fraction de minute !

De plus, ces techniques, mises en place par l’exécutant graphique pour uniformiser la mise en page permettent d’optimiser les temps de développement et de corrections. Elles contribuent aussi à gagner en fiabilité et en qualité.


Optimiser les fichiers

Un document d’exécution est aujourd’hui constitué de fichiers informatiques et, même s’ils ont vocation à être finalement transformés en PDF pour exploitation, ces fichiers sources (on parle aussi de fichiers natifs) peuvent être de différentes natures, générés par des applications diverses et arborant des extensions leur conférant des qualités propres. La très grande majorité des « docs d’exé » sont conçus sous Adobe InDesign®. .indd Ce logiciel de mise en page génère un fichier principal auquel s’ajoute quantité d’autres fichiers liés (logotypes, graphiques, photos…). On parle de « Links ». .ai .jpg .psd .tif .eps ...Le choix du type de ces fichiers est laissé à la discrétion de l’exécutant graphique qui jongle constamment entre les qualités inhérentes à chaque format (conservation des transparences, compression, état vectoriel…), la nécessité de se conformer aux contraintes de fabrication (en terme de résolution minimum par exemple) et celle d’obtenir des poids de fichiers les plus légers possible.

En outre, dans un contexte où les passerelles entre le print et le numérique sont omniprésentes, l’exécutant graphique adopte une politique de nommage des fichiers en bannissant systématiquement tout caractère spécial ou accentué et tout espace. Il donne autant que possible une valeur sémantique aux intitulés et mentionne la spécificité du fichier par rapport à ses proches ou lointains cousins. logo-machin-quadri-avec-base-line.ai logo-machin-niveaux-de-gris-sans-base-line.ai Loin d’être anecdotique, cet aspect de la mise au net, permet d’éradiquer les doublons de fichiers, tellement dangereux. Il garantit également le bon fonctionnement des logiciels, quelle que soit la plateforme utilisée.


Bénéficier des bons outils pour la mise au net

Voici une présentation rapide des principales applications utilisées pour l’exécution graphique. Personnellement, j’ai opté pour un contrat de licence à l’année avec la société Adobe. Ainsi, nos projets communs bénéficient en permanence des dernières versions de logiciels.

Logo Adobe InDesign®, outil incontournable pour l'exécution graphique

Adobe InDesign®

• Le puissant logiciel de mise en page et de traitement de texte avec des fonctions poussées d’automatisation des tâches : feuilles de styles, gabarits, notes de pied de page, références croisées, tables des matières…
Adobe InDesign® est l’allié idéal pour la production de documents d’exécution parfaitement conformes aux contraintes techniques (fonctions de sortie, assemblage, contrôle en amont…).

Logo Adobe Illustrator®, application utilisée pour l'exécution graphique

Adobe Illustrator®

• En complément d’Adobe InDesign®, ce logiciel gère tous les imports de type vectoriel : logotypes, pictogrammes, graphiques, schémas, éléments et fonds graphiques divers.
Adobe Illustrator® est aussi, par convention, le logiciel directement utilisé pour l’exécution graphique de packaging, PLV, stands et signalétique.

Logo Adobe Photoshop®, logiciel utilisé pour l'exécution graphique

Adobe Photoshop®

• Ce logiciel est utilisé pour gérer tous les imports constitués de pixels : logos, pictos, éléments et fonds graphiques divers. Il permet, en particulier, la mise en conformité des photographies en ajustant leurs définitions et en contrôlant la gestion de leurs couleurs.
Adobe Photoshop® est incontournable en exécution graphique pour les retouches photographiques, chromatiques, détourages et montages photographiques.